S’envoler à la Plage

Le 5 août 2017

Un peu de cirque, un peu magique, un peu fantaisiste, un peu burlesque et très cartoonesque. Rien n’est moins sûr (mais c’est une piste) du Collectif de La Bascule revisite un des grands classiques des chapiteaux, la bascule. C’est drôle, rythmé et le temps passe à pas de géant. Si vous pensiez que ce type d’acrobaties ne réserve plus de surprises, vous vous trompiez. Les péripéties vont vous prendre à contre-pied. Quand le sauteur n’est pas celui qu’on croit, quand l’envol semble raté dans le seul but de berner le spectateur. Quand les massues se transforment en télécommandes pour d’étranges marionnettes. Et quand la bascule redevient ce qu’elle : un outil qui permet à l’homme de s’envoler un peu. Le temps d’une seconde.

Le regard se perd. Sur cette piste ronde, il y a toujours quelque chose à voir. Un mouvement qu’on repère du coin de l’œil. Quand on se fixe sur un artiste, c’en est un autre qui nous surprend et nous entraîne dans sa danse. Le spectateur ne baisse jamais sa garde. Il reste attentif, tout le temps, tentant de comprendre les sentiments qui lient les personnages qui se meuvent devant lui. Trop vite, c’est la fin. On en redemande. On applaudit à tout rompre.

Autre ambiance mais magie semblable pour L’odeur de la sciure par la compagnie Les P’tits Bras. On voyage dans le temps, au cœur de la Belle Epoque. La structure qui accueille les voltigeurs semble avoir été construite pour s’intégrer au cœur de la Métropole horlogère et de son Art nouveau. Les balcons en fer forgé font-ils partie du décor ? Et le spectacle est époustouflant. Le public, d’ailleurs, ne s’y trompe pas. Il connaît la troupe, il l’attend, impatient, bien avant la première représentation. Aucune déception. Le merveilleux est toujours au rendez-vous. L’humour et la tendresse aussi.

Encore une fois, on se laisse emporter dans le tourbillon du cirque en plein air. Le ciel est le plus beau des chapiteaux. On rit beaucoup, on tremble un peu. On tape des mains. On chantonne un air à peine anachronique. Qui revient. Puis repart. On le gardera en tête pour une bonne partie de la soirée. Et puis c’est la fin. C’est écrit et dévoilé de très jolie manière. The End. Pour ce soir. Mais demain est un autre jour. On peut revenir ? Dites, on peut revenir pour rêver encore ?

Le PériscopeS’envoler à la Plage